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Sommes-nous encore neutres ?

Positionnement de la Suisse dans le cadre de la guerre en Ukraine, siège au Conseil de sécurité de l’ONU… la Suisse est-elle encore neutre ? La question se pose.

par Daniel Berger, député UDC

La devise de l’UDC est claire à ce sujet :

La neutralité est l’un des piliers de la politique extérieure de la Suisse ; elle signifie que notre pays ne participe pas à des conflits armés entre d’autres Etats.

La neutralité suisse est un choix.
La neutralité suisse est perpétuelle.
La neutralité suisse est armée.

Mais aujourd’hui ?
Essayons d’analyser la situation actuelle. Il faut savoir que les intérêts du pays, le droit de la neutralité, la situation internationale, l’histoire et la tradition sont les éléments déterminants de la politique de neutralité.

La tradition : Neutralité active

L’histoire n’a pas seulement appris à la Suisse à ne pas se laisser entraîner dans des conflits étrangers. Elle a aussi assigné à notre pays un rôle particulier dans le concert des nations : celui d’une présence active et solidaire.

A cet égard, l’engagement de la Suisse couvre un spectre qui va de l’internement humanitaire (par exemple l’armée de l’Est du général Bourbaki) jus­qu’au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui intervient partout dans le monde, en passant par les bons offices de notre diplomatie, les observateurs surveillant l’armistice en Corée et le contingent suisse « SWISSCOY » au Kosovo.

La tradition : Cohésion intérieure
Dans une Suisse regroupant plusieurs cultures, langues et religions, la neutralité a toujours aussi eu pour fonction de garantir la cohésion intérieure. Au cours de l’histoire, le principe de la neutralité a donc également été appliqué aux conflits intérieurs de la Confédération. L’abandon de la neutralité au profit d’une politique extérieure active aurait certainement débouché, au XVIe siècle par exemple (conflits con­fessionnels), sur des tensions que la Suisse n’aurait pas pu supporter.

Aux XIXe et XXe siècles, le fait de prendre parti pour l’Allemagne ou la France aurait plongé la Confédéra­tion dans une crise nationale majeure. La neutralité vis-à-vis de l’extérieur a garanti la cohé­sion intérieure.

La neutralité suisse est un choix et elle est perpétuelle.

Au début, la neutralité a été d’une certaine manière dictée par la nécessité. Toutefois, ses effets bénéfiques évidents au cours de l’histoire l’ont peu à peu profondément ancrée dans la conscience nationale de la Suisse.

Le Pacte fédéral de 1815 et les Constitutions de 1848, 1874 et 1999 ont érigé la neutralité en une norme de politique étrangère contraignante pour les autorités.

Ce principe a toujours été appliqué avec souplesse, selon les circonstances du moment, et de manière à garantir les intérêts du pays.

Ainsi, nous sommes tenus de ne pas prendre parti dans un conflit, qu’il soit diplomatique ou armé, s’il n’est pas directement lié à la défense de notre pays.

Actuellement, nous avons quitté notre politique de la neutralité dans deux cas :

  1. dans la mise en œuvre des sanctions économiques contre la Russie (même si la guerre d’agression menée par la Russie n’est pas excusable).
  2. en tant que membre du Conseil de sécurité de l’ONU (même si celui-ci ne peut pas nous obliger à mener une opération militaire contre un autre pays). Nous ne sommes plus neutres dans le domaine diplomatique, car nous pourrions participer aux décisions concernant la guerre et la paix !

La neutralité suisse est armée : Oui et Non ?

Ces dernières années, l’armée s’est penchée de manière intensive sur la manière dont elle doit se développer pour continuer à remplir efficacement ses missions à l’avenir. Elle a analysé les menaces potentielles, développé des scénarios, élaboré des concepts et effectué des simulations.

Elle a une vision claire de la manière dont nos capacités militaires doivent être développées dans les années à venir.

La mission principale de l’armée est et reste la défense. La planification des capacités et des acquisitions en vue de la modernisation de l’armée tient compte de la nette dégradation de la situation en matière de sécurité au cours des dernières années, mais elles ne sont pas encore satisfaisantes.

Actuellement, l’armée n’est plus capable de remplir sa mission principale parce qu’elle a dû payer trop longtemps les dividendes de la paix. Il faudra des années pour qu’elle retrouve sa capacité à défendre notre pays. L’image de la guerre a beaucoup changé depuis la guerre froide.
Le chef de l’armée le dit ainsi  :
“Dans notre rapport “L’avenir des troupes au sol” de 2019, nous décrivons une image du conflit telle que nous la voyons actuellement en Ukraine. Les moyens conventionnels sont utilisés d’une part pour construire un décor de menace, d’autre part pour créer des faits. Les guerres ne se déroulent pas exclusivement dans le cyberespace, mais aussi au sol ; le cyber ne remplace pas les menaces existantes, mais les rend encore plus dangereuses. Mais ceux qui pensent que la guerre actuelle est la preuve qu’il suffit de se préparer à un conflit au sens classique du terme se trompent également”.

La reconstruction de notre armée est l’un des points forts des lignes directrices politiques de l’UDC. Mais celle-ci doit rester telle quelle tout au long de la décennie, car nous avons besoin de temps, sinon la volonté politique d’augmenter le budget de l’armée ne sera qu’un slogan de campagne électorale.

Pour en revenir à la neutralité armée, je répondrais comme suit à cette affirmation :

Aujourd’hui avec quoi et quels moyens ?
Demain, je l’espère, OUI, grâce à l’UDC !

Compenser la situation actuelle de notre armée et sa faiblesse dans le domaine de la défense par l’adhésion à une alliance militaire est contraire à notre politique de neutralité, c’est pourquoi nous disons NON !

L’UDC s’engage résolument depuis toujours pour la neutralité armée perpétuelle et pour une armée défensive forte, formée et équipée.

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