Selon le PLR : Moscou n’a pas de voix au chapitre, mais Bruxelles aurait tous les droits ?

Le PLR dénonce l’influence étrangère sur la démocratie suisse dans le cadre de la campagne sur la Neutralité. Très bien. Mais cette exigence d’indépendance ne peut pas être à géométrie variable.
Le PLR nous expliquait hier que la Russie n’a pas voix au chapitre dans la démocratie suisse. Nous sommes parfaitement d’accord : les décisions concernant la Suisse doivent être prises en Suisse, par les citoyennes et les citoyens suisses.
Mais cette exigence d’indépendance pose une question au PLR : pourquoi ce principe serait-il valable lorsqu’il s’agit de Moscou, mais plus lorsqu’il s’agit de Bruxelles ?
Car dans le même temps, le PLR défend une politique européenne qui conduit à soumettre toujours davantage la Suisse de l’Union européenne et à accepter une reprise de nombreuses lois et de nombreux règlements européens. Autrement dit : selon le PLR, la Russie ne devrait pas pouvoir influencer nos décisions, mais Bruxelles devrait pouvoir déterminer toujours davantage les règles auxquelles la Suisse doit se conformer ? Un peu de cohérence serait bienvenue !
Une conception bien particulière de la souveraineté : Moscou dehors, Bruxelles aux commandes.
La neutralité suisse est précisément fondée sur notre capacité à décider nous-mêmes de notre politique extérieure et de sécurité. Elle ne consiste pas à remplacer une dépendance par une autre. Notre souveraineté ne doit être négociable ni avec Moscou, ni avec Bruxelles.
Nous refusons donc cette indignation à géométrie variable. Si le PLR estime que les puissances étrangères n’ont pas à dicter leur volonté à la Suisse, qu’il applique ce principe jusqu’au bout.
La Suisse n’a pas à choisir entre Moscou et Bruxelles. Elle doit choisir la Suisse.
Notre démocratie directe mérite mieux qu’une politique qui dénonce l’influence étrangère d’un côté tout en acceptant, de l’autre, une intégration toujours plus poussée dans les règles de l’Union européenne.
La souveraineté suisse n’est pas à vendre. Ni à Moscou, ni à Bruxelles.